Rihvage

Colloque « L’eau dans le château » du 18 au 20 octobre 2013 : Compte-rendu

 

Introduction

« L’hydraulique semble être une question à la mode » indique M. Hervé MOUILLEBOUCHE en introduction de ce colloque. Cet événement, qui rassemble près de 140 personnes au château de Bellecroix (Chagny, 71 – Saône-et-Loire), s’inscrit en effet au cœur de l’actualité scientifique et éditoriale. En 2005 et 2008, deux colloques sur ce thème étaient organisés en Suisse et en Allemagne. Plus récemment, Jean-Paul Charbonneau rédigeait « L’eau et les châteaux du Poitou historique » (2012) et René KILL publiait son ouvrage passionnant sur « L’approvisionnement en eau des châteaux forts de montagne alsaciens«  (2012). Ce colloque constitue le premier volet d’un diptyque  L’eau et les châteaux organisé sur deux ans ; la conférence de cette première année était consacrée (presque) uniquement au problème de l’eau « dans » les châteaux, tandis que celle de l’an prochain, interrogera l’eau « autour » des châteaux.

Dans son introduction, M. MOUILLEBOUCHE définit la problématique du sujet qu’il tire de la découverte récente d’un puits avec entre autres : une citerne, de l’enduit de mortier de tuileau rosé qui recouvre de façon caractéristique la plupart des puits médiévaux et d’une eau « vieille de cinq cent ans ». Un château précise-t-il, « n’est pas un pic inaccessible, mais un pic inaccessible sur lequel on peut avoir de l’eau ». Il évoque ensuite le « château » ou plutôt le palais des ducs de Dijon. L’eau y est partout, du toit immense jusqu’à la terrasse qui prend l’eau depuis sa construction (problèmes d’infiltration), en passant par les rigoles qui nettoient les chéneaux. Les archives évoquent de nombreuses goulottes, des puits, dont beaucoup sont pollués par la proximité de latrines. On creuse des puits pour les étuves de la duchesse, d’autres qui font office de « bornes d’incendie ». Mais l’eau est aussi celle des moulins, ou du bassin de l’otarie et du marsouin de la duchesse (avéré dans les sources). Et l’« eau (oh horreur!), dans le vin du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire » souligne M. MOUILLEBOUCHE avec humour, qui a été aussi l’une des constantes de ce colloque.

Ce constat de l’omniprésence de l’eau dans le château amène à poser les questions qui ont motivé la convocation de ce colloque :

  • Peut-on parler d’une hydraulique castrale ?
  • En quoi se distingue-t-elle, par exemple, de l’hydraulique monastique, connue notamment par les sermons de Bernard de Clairvaux ?
  • Et qu’est-ce que l’hydraulique peut nous apprendre sur la vie et le fonctionnement même du château ?

Une hydraulique de la nécessité : préserver l’eau

« Sans eau, pas de château » énoncent les conférenciers en reprenant la maxime d’Hervé MOUILLEBOUCHE à l’ouverture du colloque. Ce lieu commun souligne pourtant une vérité essentielle. « Si l’on évoque volontiers la vie quotidienne dans les châteaux, on parle pourtant peu, voire pas du tout de la question de l’eau », ajoute Marie HENRION. L’homme a besoin d’eau pour vivre, que ce soit pour boire (même si le vin constitue la boisson habituelle), pour les cuisines, les latrines ou, moins évident, pour faire boire les chevaux ou éteindre d’éventuels incendies. Plusieurs types de constructions peuvent être mises en œuvre pour pallier ces besoins, à savoir les citernes, les puits, les aqueducs, les fontaines… Mais le nombre et la teneur de ces infrastructures varient selon les châteaux. Beaucoup de châteaux s’implantent en fonction des cours d’eau et des conditions topographiques. Le château de l’Arsenal, à Condé-sur-Escaut, dont parlent Victorien LEMAN et Lionel DROIN est situé dans le coude du fleuve. Les châteaux des Pays-Bas, évoqués par Marie HENRION, sont la plupart du temps situés dans des plaines. Certains châteaux en revanche sont situés en altitude. Le creusement de puits profonds vers les nappes est souvent impossible ou trop coûteux et il est nécessaire de mettre en place d’autres systèmes d’adduction. Enfin, certains châteaux sont situés en milieu aride où l’eau est rare et précieuse.

Les châteaux des hauteurs

La hauteur constitue un élément topographique essentiel du château médiéval. D’un point de vue défensif d’abord, le seigneur doit être capable de faire face à de nombreux ennemis, et l’obstacle naturel que constitue un éperon ou une falaise facilite considérablement sa défense. Les « châteaux de hauteur » contribuent également à mettre en scène la puissance d’un seigneur, sa domination sur un bourg ou une ville. Le château du Haut-Koenigsbourg, domine cette vallée du Rhin que l’on appelle le « Grand Ried », et présente un dénivelé de près de 75 mètres au-dessus du fleuve (Judicaël de la SOUDIERE-NIAULT). Les châteaux évoqués par Martine BREUILLOT, actuellement en ruines, n’en sont pas moins impressionnants ; celui de Pidima, en Messénie (Péloponnèse) est situé sur une basse montagne et domine la mer. Les châteaux des montagnes alsaciennes sont eux-mêmes situés sur des hauteurs qui avoisinent les 1000 m d’altitude (René KILL). La fonction ostentatoire du château des hauteurs est clairement illustrée par le château de Polignac en Haute-Loire qui domine le paysage à 800 m d’altitude du haut d’une éminence volcanique (Laurent D’AGOSTINO).

Si ces châteaux des hauteurs ont eu la part belle des interventions de ce colloque, c’est parce que l’accès à l’eau y est plus qu’ailleurs problématique. Ils ne peuvent par exemple pas bénéficier de la fonte des neiges et doivent recourir à des moyens de captation hydraulique pérennes, comme la citerne qui est l’un des traits communs de ces ensembles castraux. Dès la seconde intervention, le thème est abordé par Alain KERSUZAN, qui évoque l’alimentation en eaux des châteaux de relief dans le Revermont et le Bugey au Moyen Âge. « La faiblesse des moyens financiers des sires de Coligny […] n’ont pas rendu possible le creusement de puits » jusqu’aux nappes situées trop profondément sous les montagnes, explique-t-il. Il évoque alors des constructions alternatives auxquelles les hommes ont recours pour récupérer l’eau et ainsi la distribuer. La citerne extérieure, à ciel ouvert, en général partiellement enterrée, récupère l’eau des eaux de pluie directement venues des toitures et des noquières. À Vincennes, Jean CHAPELOT retrouve des traces montrant l’existence probable d’une citerne ouverte qui captait les eaux de pluies à l’intérieur de l’enceinte. Lorsque la citerne ne se remplit pas au moyen d’eau de pluie, elle peut être alimentée grâce à des systèmes d’adduction qui arrivent jusqu’à elle, comme c’est le cas à Saint-Germain de Bugey. Ce type de citerne est généralement protégé par des auvents, ou couverte par de grandes planches de bois pour éviter l’oxydation solaire, ou pour éviter la pollution liée à la poussière et aux végétaux. La citerne souterraine, généralement voûtée et enduite de mortier de tuileau, comme celle de Jasseron, bénéficie également d’une adduction par des canaux ou borneli, composés de « troncs de sapin creusés avec une tarière et emboîtés en sifflet l’un dans l’autre ». Ils permettent le cheminement de l’eau, parfois même entre deux montagnes. L’alimentation en eau de ces citernes ne s’effectue pas toujours par des canalisations. Certaines sont construites à même la source, comme c’est le cas pour la tour du Bost (Robert CHEVROT). Cette tour sans doute gallo-romaine présente un intérêt tout particulier parce qu’elle est construite « par rapport à l’eau » et dispose donc d’une eau pure, en sous-sol, qui ne peut être contaminée par l’ennemi.

La citerne se présente généralement comme une fosse rectangulaire, excepté dans les cas particuliers de « tour-citernes », voûtée la plupart du temps, bénéficiant d’une ou plusieurs arrivée(s) d’eau grâce à des canalisations de plomb, de bois ou de terre-cuite, et agrémentée d’un trop-plein. La citerne en elle-même est généralement enduite de mortier de tuileau, parfois de grès ou même d’argile verte pour empêcher l’exfiltration des eaux. Sa couverture peut être assurée par une grande diversité de matériaux et de procédés. Au château de Villeneuve-la-Comtesse dans le Poitou, la citerne est recouverte par des planches et des poutres (Jean-Paul CHARBONNEAU). À Polignac, on a retrouvé les traces d’une margelle de pierre. La citerne de la tour du Bost, si particulière, est « couverte » par le rez-de-chaussée, tandis qu’au château du Haut-Koenisbourg la citerne ouest est fermée sur un côté par un mur d’un logis d’époque romane. Au Castellot, petit château provençal évoqué par Daniel MOUTON, des appareillages de galets, de terre et de pierre ont été retrouvés. La contenance des citernes est variable. La plus grande des deux citernes du Haut-Koenisbourg, contient près de 32 000 litres. Ces citernes sont toutes des « citernes-réservoir » : l’eau y est stockée telle quelle, puis puisée au moyen de machines comme des roues à écureuil, des norias, ou de simples seaux que l’on fait descendre dans la cavité rocheuse grâce à des cordes de chanvre, ou de tilleul (cf. le cas de Semur-en-Auxois traité par Jérôme BENET).

Cependant il existe un autre type de citerne, les citernes à filtration décrites par René KILL dans son intervention et dans son livre. « Dans une citerne à filtration, les parois et le fond d’une fosse, généralement de forme cubique, sont étanchéifiés par une couche d’argile. Au centre de la fosse se trouve un puisard de section circulaire en pierres sèches. Le volume qui entoure ce dernier est occupé par un remplissage filtrant ». La majeure partie des citernes à filtration se trouvent dans le massif vosgien ; en Moselle, dans le territoire de Belfort, à Fleckenstein, etc. Judicaël de la SOUDIERE-NIAULT parle d’une citerne à filtration lorsqu’il évoque le Haut-Koenigsbourg. René KILL mentionne également celle du Mont Saint-Michel, montrant ainsi que ce type de citerne est connu en dehors du monde germanique.

Les régions arides ; les citernes particulières

Certains châteaux sont situés dans des régions arides, où les besoins en eau sont considérables. Les citernes sont alors indispensables car l’eau est rare, et la plupart du temps salée. Trois interventions mentionnent des châteaux de régions arides ; celle de Martine BREUILLOT sur les châteaux du Péloponnèse, celle de Jean-Bernard de VAIVRE sur l’eau dans les châteaux en Chypre et dans le Dodécanèse, et celle de Jean MESQUI sur le Crac des chevaliers en Syrie. Jean-Bernard de VAIVRE remarque que ces zones arides « étaient beaucoup plus boisées il y a quelques années, […] et des sources indiquent que certains fleuves coulaient en permanence […], on note même la présence de moulins ». Le problème de l’acheminement de l’eau dans les châteaux n’en demeure pas moins problématique. Si l’eau existe, le climat et les conditions de sa préservation peuvent poser problème. En Chypre, les citernes sont creusées dans le roc et enduites de deux mortiers. L’eau est récupérée par de grandes tranchées, des aqueducs romains ou des canalisations en terre cuite. La pente légère des toits, permet la récupération des eaux de « toitures » qui s’écoulent dans le mur par des canalisations. Ce système mural est tout à fait particulier et s’opère essentiellement en zone aride. On en trouve des exemples dans le Péloponnèse, à Mila et à Carytaina. Ces rainures descendent du toit au sol. Elles accueillent des conduits en terre cuite qui aboutissent aux citernes. La plupart du temps en Chypre, ce sont de petites citernes qui sont construites sur les toits des terrasses ou dans les châteaux-forts, tout comme au Crac des chevaliers. En Messénie au contraire, les citernes repérées ont des dimensions plus imposantes : celle de Leuktron fait 5,20 m de long, tandis que celle de Léontari ne fait pas moins de 13 m. À Léontari, on a identifié des piliers maçonnés en plus de l’ouverture dans la roche, et à Carytaina, on peut voir deux ouvertures voûtées, ce qui est assez étonnant compte tenu de l’architecture purement fonctionnelle que l’on retrouve habituellement dans les citernes. Martine BREUILLOT explique cet ouvrage par une recherche esthétique. Pour aller chercher l’eau, il fallait descendre dans les citernes ou au moins s’y pencher : c’est alors que l’on pouvait découvrir les voûtes. Quant aux piliers, ils servent principalement à renforcer la citerne.

Les captations de nappes : les puits

Les châteaux médiévaux peuvent également être pourvus de puits. Comme c’est seulement à l’occasion des réparations qu’il en est fait mention dans les textes (les registres communaux par exemple), leur fondation est en général bien antérieure, à l’image du puits de Polignac qui remonte probablement à l’Antiquité. L’altitude n’est pas nécessairement un obstacle, comme le montre le cas du château du Haut-Koenigsbourg qui a des puits, en dépit d’une installation à environ 757 m de hauteur. En 1510, nous explique Judicaél de la SOUDIERE-NIAULT, la mention d’un puits, dont la construction peut être beaucoup plus ancienne, apparaît dans les textes. Creusé au sein d’une tour, il descend à 57 m de profondeur pour aller capter la nappe souterraine.

Tout comme les citernes, les puits sont de taille et de profondeur très variables. Le puits de Polignac fait 4 m de diamètre. Celui de Château-Thierry, installé dans la cuisine fait 3,5 m de diamètre. Le puits de Logne, présenté par vidéo (en l’absence des intervenants) est fouillé depuis une douzaine d’année et la margelle de fond a été atteinte à 56 m de profondeur. Une roue à écureuil de 6 m de diamètre a été partiellement reconstituée, qui permettait d’aller y puiser l’eau. À Semur-en-Auxois, le puits descend à 34 m. Lorsque le diamètre du puits est trop restreint, on voit parfois apparaître des cavités creusées dans la roche, pour permettre la descente des ouvriers affectés à son creusement, comme c’est le cas à Montaigle.

Sans faire de généralités, les plus petits puits se retrouvent soit dans de petits châteaux, soit dans des régions où les nappes phréatiques sont plus accessibles, comme en Flandre ou dans le Poitou. Pensons à Villeneuve-la-Comtesse où la nappe est si proche de la surface que le puits ou les fossés débordent jusqu’à deux fois l’an. Les tour-puits, tout comme les tour-citernes, sont relativement répandues dans les châteaux. Nous les retrouvons à Montaigle, Mielmont ou Vaulz-les-Tournai dans le Namurois, d’après la présentation de Marie HENRION. Compte-tenu des difficultés de creusement, liées le plus souvent à la dureté du sol (granit par exemple), les tours-puits sont généralement placées dans d’anciens donjons. C’est le cas à Semur-en-Auxois, où les ouvriers s’y reprennent à plusieurs fois et à différents endroits pour faire leur puits. Au château de Bernstein, nous dit René KILL, on réutilise trois murs existants pour éviter de creuser le granit.

Ces puits, indispensables à la vie quotidienne, réservent parfois des surprises aux archéologues qui les fouillent. Des chats ont par exemple été retrouvés dans certains puits (tombés sans doute plutôt que mangés en ragoût), mais aussi des chiens, des ustensiles de cuisines ou, nous dit Daniel MOUTON, lorsqu’il évoque le château du Castellet à Allemagne-en-Provence, « une pâte à pain tombée alors qu’elle était en train de lever, sans doute sous l’effet de l’attaque subite du château ». Cette évocation nous rappelle la fonction défensive du château, et nous amène à considérer l’eau sous un nouvel aspect, celui de son utilisation en temps de guerre.

Une hydraulique de la guerre

On a vu que l’alimentation en eau est nécessaire pour les châteaux de hauteur ou les châteaux de zones arides. Cette eau potable permet de subvenir aux besoins des hôtes et habitants, du personnel, etc. mais elle peut également être utile en temps de guerre.

L’eau, un élément essentiel en temps de guerre

Dans les châteaux, nous l’avons vu, il y a de nombreux réservoirs d’eau. Dans la plupart des tours des châteaux du Revermont (René KILL), principalement dans ces grandes tours de bois que sont les chaffauts, on retrouve un baquet posé au dernier étage, pour intervenir rapidement en cas d’incendie. Ces incendies, s’ils sont relativement fréquents, sont rarement naturels, et sont plutôt le fait des guerres. La première pensée qui nous vient à l’esprit quand nous entendons le mot château est sans doute celle d’un bâtiment défensif, entouré de murs d’enceinte. Munie de meurtrières, de mâchicoulis et de systèmes de pont-levis, elle permet au château de défendre une cité. René-Pierre LEHNER explique que le crénelage d’un château est symbole de pouvoir, et qu’à l’époque médiévale, « on ne peut réaliser des constructions seigneuriales sans créneaux ». Cependant, à trop vouloir étudier l’aspect militaire des châteaux dans l’architecture monumentale, on en oublie la vie quotidienne des habitants des châteaux, particulièrement en temps de guerre. Or, l’eau est vitale : elle est nécessaire aux assiégés et à leurs chevaux. Notons qu’en Messénie, chaque château en temps de paix, se compose d’une vingtaine de soldats et donc d’une vingtaine de chevaux. Ne parlons pas de Vincennes ou de Versailles, où les chevaux sont bien plus nombreux. Au Crac des chevaliers, l’un des fossés en eau donne directement sur l’écurie.

L’eau est d’autant plus précieuse en temps de guerre qu’elle peut facilement être utilisée par les assaillants pour déloger leurs ennemis ou appuyer une offensive. L’empoisonnement des eaux par le purin ou le fumier des chevaux, la destruction des canalisations ouvertes, telles que les canali dont parle Alain KERSUZAN constituent d’utiles moyens stratégiques pour emporter l’ascendant. Comment tenir un siège sans eau ? Ou avec une eau contaminée ? Seules les eaux de pluies peuvent alors y palier. René-Pierre LEHNER s’est attardé à chercher comment les eaux de toitures s’écoulaient à travers les murs. C’est un élément essentiel à comprendre, puisque les châteaux ne sont pas toujours construits sur les sources, et qu’il faut alors trouver un moyen fiable de récupérer de l’eau non contaminée. D’intéressants systèmes de gargouilles récupèrent les eaux de pluies pour les rejeter soit à l’extérieur du château, soit, comme nous pouvons le voir à Vincennes, dans le mur d’enceinte. La récupération des eaux de pluie se fait quasiment systématiquement par gravité. L’eau s’écoule le long des toits par des gouttières et même directement à l’intérieur des murs grâce à des systèmes de canalisations de terre cuite. L’eau, protégée dans les réservoirs, n’encourt alors pas ou moins le risque d’une contamination par l’ennemi.

Fossés et douves

L’eau joue également un rôle capital dans la défense d’un château via les douves et les fossés. Les plus remarquables sont sans doute les fossés ou birqa du Crac des Chevaliers, présenté par Jean MESQUI, alimentés par un aqueduc. On y retrouve de petites citernes et un réseau de canalisations par des conduites au sol, auquel s’ajoute un système de recueillement des eaux sur toutes les terrasses. « Les descentes d’eau se font de façon classique ; par gravitation dans des vasques, puis par transmission dans des descentes verticales, toutes assurées par des conduites ménagées dans les murs puis cachées par pierre ». Jean MESQUI énonce une grande nouveauté dans ce fossé en eau dans lequel se déversent les canalisations, et pose la question d’une éventuelle continuité de ces fossés en eau autour du noyau central, ce qui impliquerait un fonctionnement de l’eau entre deux enceintes.

La citerne : un piège pour repousser l’ennemi

Notons qu’outre les douves, certains châteaux tendent à utiliser l’eau comme « un piège à ennemis ». L’intervention de Jean-Paul CHARBONNEAU sur la citerne du puits de Villeneuve-la-Comtesse propose une interprétation nouvelle du fossé que l’on trouve à l’entrée du château, derrière le pont levis. « Cette citerne », dit-il « s’inscrit dans un système totalement pourvu de militarisation. Le hall présente un pont levis, une herse, un assommoir, des poches de tir orientées vers l’extérieur mais également vers le hall. L’assaillant qui entre ne peut échapper à la citerne. Lorsque l’on se sait attaqué, on enlève [tout ce qui recouvre le fossé]. Si les assaillants passent le pont-levis, ils tombent dans la citerne ». Cette « conception nouvelle et inhabituelle de l’eau » demande encore à être approfondie. L’hypothèse a fait l’objet d’un débat cordial mais animé, portant notamment sur l’étanchéité incertaine de la citerne.

Une hydraulique du confort et de l’hygiène

L’eau est conduite par des jeux de canalisations à travers les murs, dans les fondations, le sol ou les toitures jusqu’à des citernes ou des puits. Cette eau, qui ne bénéficie pas toujours de sa purification par infiltration sert ensuite pour les cuisines, peu évoquées dans ce colloque, mais aussi pour les latrines, les éviers, l’abreuvement des chevaux ou, parfois pour l’agrément des bains.

Les latrines

Un élément intéressant au Crac des chevaliers et qui se retrouve dans d’autres châteaux, quoique de façon moins élaborée, consiste en ce système de conduites de tuyaux qui mènent jusqu’aux latrines (pourvues de siège) pour les évacuer sur un talus extérieur au château. L’évacuation des latrines, qui est une préoccupation essentielle pour les occupants des châteaux comme des maisons, est souvent compliquée (voir ce qu’en dit, notamment, Alain CORBIN dans « Le miasme et la jonquille« ). Les latrines privatives font parties du confort, elles sont généralement en encorbellement dans un des murs (dans les maisons fortes présentées par Elisabeth SIROT ne subsistent que les corbeaux de pierre parce que les latrines étaient en bois). Parfois les latrines sont en communication avec la maison, par des conduits qui aboutissent à l’extérieur. À Villeneuve-la-Comtesse (Jean-Paul CHARBONNEAU), l’alimentation en eau est quasiment assurée exclusivement par les eaux pluviales des terrasses. Des conduites verticales se fragmentent à une certaine hauteur en deux parties ; une pierre vient séparer le flux des eaux. Une partie va pour la châsse des latrines, l’autre aboutit à la citerne. Les éviers et les latrines sont des lieux particuliers, comme les bains dont nous parlons plus bas. Leur utilisation, leur lavage et leur place oblige à un aménagement spécifique. À Annecy, Élisabeth SIROT s’intéresse à l’évier, situé dans une zone carrelée alors que le reste de la pièce est constituée de plancher. Lorsque Eric SOULLARD évoque les latrines, c’est pour expliquer qu’elles sont fermées, étanches, et que Louis XIV oblige ses sujets à les nettoyer régulièrement, en faisant appel à des « vidangeurs » qui doivent rendre compte de leur travail. « Vider une fosse d’aisance devient un acte administratif courant » explique-t-il, et cet acte doit être signé et contresigné par le contrôleur des bâtiments de France.

Les bains et les hammams

Le château, comme nous l’avons vu, est un lieu construit essentiellement pour abriter une élite. Or cette élite se doit de parvenir à un certain degré de confort. L’intervention de Ronan BOUTTIER sur les bains des châteaux d’Ile-de-France à la période moderne ajoute une nouvelle thématique aux interventions à partir d’une évolution socioculturelle qui change la donne hydraulique. Là encore, des canalisations, des tuyaux de plombs ou de terres cuites, des citernes,… mais dans un tout autre but ; celui du confort et de l’hygiène. Nous venons d’évoquer plus haut les latrines et leur utilisation, ainsi que le petit évier dont a parlé Elisabeth SIROT, retrouvé dans une salle d’apparat (aula) qui permettait sans doute aux invités de se laver les mains. Cette même intervenante a évoqué également la présence de « bains » avec tous les guillemets qui s’imposent, après avoir retrouvé mention de grandes vasques dans des inventaires après décès. La pièce des bains constitue une nouveauté de la période moderne, que permet la redécouverte et l’adaptation des technologies hydrauliques antiques, telles que le chauffage par hypocauste, la gradation thermique, etc. C’est ce dont nous parle Ronan BOUTTIER, et à sa suite Bruno BENTZ lorsqu’il évoque l’alimentation en eau des bains de Marly. L’hôtel particulier du grand Ferrare de Fontainebleau d’Hippolyte d’Este permet de comprendre assez bien le fonctionnement général de ces bains ; « l’appartement des bains est généralement situé dans les soubassements » nous dit Ronan Bouttier. « C’est une pièce totalement isolée du reste des communs […]. L’eau y est stockée dans un réservoir extérieur [et on retrouve ici le principe de la citerne], elle descend dans un autre réservoir posé sur une chaudière ». C’est ce réservoir qui alimente les bains. La question des systèmes d’évacuation hydraulique n’a malheureusement pas fait l’objet de développement et mériterait sans doute des études spécifiques.

À Marly, le principe d’adduction est le même, mais l’eau utilisée ne provient pas seulement des eaux de pluie. Pour l’essentiel, le système utilisé en partage avec Versailles, repose sur la fameuse « machine de Marly », qui élève les eaux de la Seine jusqu’aux multiples réservoirs et fontaines des jardins. C’est de la même façon que sont alimentés les hammams castraux, à cette différence près que dans ces constructions, les filets d’eau que l’on peut qualifier de « fontaines » se déversent sur des pierres chaudes pour créer de la vapeur. C’est avec une pointe d’humour que Ronan BOUTTIER décrit l’utilisation des bains, par le biais d’une lettre courroucée du duc de Ferrare à son maître, qui décrit ces lieux comme des lieux de plaisirs, mixtes, où l’on mange nus en prenant des bains de vapeurs ou en se baignant dans des bassins à gradins « dans une ambiance antiquisante ». Il faut souligner l’apport italien de ces constructions, et penser à Serlio qui participe de l’élaboration des étuves de Fontainebleau. Ces établissements fastueux sont tous fortement décorés par des peintures, mais également par du carrelage en faïence comme l’a montré Bruno BENTZ à Marly.

L’apparat d’une fontaine

Ces bains peuvent être considérés comme des salles ostentatoires qui montrent la puissance d’un seigneur, plutôt que comme de réelles pièces d’hygiène. En ce qui concerne l’apparat plus que l’utilité quotidienne, les fontaines ont été peu évoquées pendant ce colloque, excepté par Célia CONDELLO pour les fontaines de Moulins. L’intitulé du colloque, l’eau dans le château, n’incitait certes pas à les évoquer… Pourtant, la plupart du temps le réseau de canalisations et d’adduction est le même que celui qui alimente le château. Célia CONDELLO rappelle pourtant que, dans les textes médiévaux, le terme de fontaine caractérise à la fois les sources, les canalisations autant que les constructions monumentales.

La fontaine est « source de fraîcheur et de bien-être » selon les mots d’Élisabeth SIROT. La fontaine de Moulins se situe dans la nouvelle cour de France, agrémentée d’une ceinture d’espérance, symbole fort des ducs de Bourbon. La fontaine est un élément symbolique du pouvoir. On peut le voir avec les innombrables fontaines de Versailles ou de Marly qu’alimente la machine évoquée plus haut. La fontaine de Moulins est particulièrement ostentatoire puisqu’en plus de porter le symbole des ducs, elle est faite de marbre blanc. Cette fontaine est d’autant plus intéressante qu’elle témoigne par son utilisation et sa position, d’une véritable relation entre la ville et le château. L’examen de cette relation sera sans doute approfondi lors du prochain colloque du Centre de Castellogie de Bourgogne (CeCaB) en 2014.

Il ne faut pourtant pas faire de généralités. Certaines fontaines, comme celle de Château-Thierry, évoquée par François BLARY, qui se trouve directement dans la cuisine, mêlent ouvrage esthétique et préoccupation pratique.

 Conclusion

La notion de réservoir se dégage comme l’une des clefs de la compréhension de l’hydraulique castrale. Que ce soit pour alimenter les cuisines, pour laver les latrines, pour permettre aux hommes de boire en temps de guerre ou même pour les salles d’apparat que sont les appartements et pavillons de bains, la majeure partie de la collecte de l’eau repose sur des citernes. Qu’il s’agisse de puits, de citernes ou de canalisations, les techniques hydrauliques pour acheminer et conserver l’eau sont soumises à rudes épreuves via les incendies, la destruction des borneli par le passage des bêtes sauvages, les guerres bien sûr ou l’usure de certaines constructions en bois ou en pierre friable. Les archéologues qui recherchent aujourd’hui les traces de ces canalisations médiévales sont confrontés à de nombreuses difficultés qui vont de la destruction des traces à leur réutilisation comme dans le cas des tuyauteries en plomb, souvent récupérées et réutilisées à d’autres fins. En conclusion de ce colloque, Nicolas FAUCHERRE , résume les interventions mais rappelle l’importance d’un élément oublié, la glacière, cette fosse accessible en général par des escaliers, qui conserve la glace que l’on vient entreposer (ce n’est en aucun cas de l’eau qui y gèle, elle l’est préalablement).

« Eau chaude, eau froide, eau mitigée », ces nouveaux moteurs hydrauliques qui émergent dans le courant du Moyen Âge, conclut Nicolas FAUCHERRE, permettent de « capter les nappes, forcer les rivières, transformant les eaux stagnantes et malsaines, en eau vive, et courante ». Rendez-vous est pris dans le château de Delphine Gautier pour poursuivre ces stimulants débats et enrichir la connaissance castrale !

Bibliographie générale

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Pour citer cet article

Léa LAUGERY, "Colloque « L’eau dans le château » du 18 au 20 octobre 2013 : Compte-rendu", RIHVAGE, mis en ligne le 28 novembre 2013, consulté le 18 novembre 2017. URL : https://rihvage.univ-tours.fr/compte-rendu-du-colloque-leau-dans-les-chateaux/.