Rihvage

Recherches archéologiques au château de Montbazon

Donjon de Montbazon, XIe siècle. Cliché Maer Taveira.

Donjon de Montbazon, XIe siècle. Cliché Maer Taveira.

La quatrième saison de fouille dans le château de Montbazon a eu lieu cet été entre le 1er juillet et le 9 août. La fouille du château de Montabzon s’insère dans un programme scientifique du Laboratoire Archéologie et Territoires (LAT) de l’UMR 7423 Citeres (CNRS – Université de Tours) et de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP). Le programme se caractérise comme un « chantier école » ouvert aux étudiants en archéologie. La fouille a été dirigée par Marie-Denise Dalayeun, Ingénieure de recherche à l’INRAP.

Bien que le donjon de Montbazon soit un château emblématique de la féodalité en France et en Europe et l’une des forteresses les plus puissantes du XIe siècle, le château reste très mal connu du point de vue historique et archéologique. Le nombre de sources écrites qui évoquent ce château étant très limité, le recours à l’archéologie permet d’en comprendre la logique et d’en percer certaines énigmes.

Fouille de la nef de la chapelle Saint-Georges. Cliché Maer Taveira.

Fouille de la nef de la chapelle Saint-Georges. Cliché Maer Taveira.

Après la réalisation de deux sondages archéologiques et de relevés dans la zone du donjon entre 2007 et 2011, la campagne de fouille s’est concentrée cette année sur la chapelle du château qui avait déjà fait l’objet de trois précédentes campagnes de fouilles entre 2009 et 2011. Ces premières interventions ont mis en évidence le potentiel du secteur, divers niveaux d’occupation et deux sépultures.

 

 

Fouille de la nef de la chapelle Saint-Georges, château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

Fouille de la nef de la chapelle Saint-Georges, château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

Si la fouille de la chapelle Saint-Georges s’est avérée beaucoup plus complexe que prévu, elle a permis de confirmer son importance pour mieux comprendre l’occupation du site entre le haut Moyen Âge et le Moyen Âge central – possiblement autour de la période qui entoure la construction du donjon lui-même. Bâtie au centre du promontoire rocheux, la chapelle domine la ville. Les niveaux d’élévation du bâtiment sont considérables. Une nef unique et deux chapelles en absides latérales caractérisent le plan de la chapelle qui fait environ 23,5m de longueur et 9,5m de largeur.

Les fouilles stratigraphiques de la chapelle ont porté sur la nef et le chœur. Elles attestent d’un bâtiment datant du XIe siècle. Ces conclusions ont été possibles grâce à l’analyse de l’évolution du site, le mobilier n’ayant pas encore été daté pendant le déroulement de cette saison de fouilles.

Fouille d’une chapelle absidale de la chapelle du château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

Fouille d’une chapelle absidale de la chapelle du château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

L’intervention a également montré que le logis construit dans le château au XVe siècle se plaçait dans le prolongement de la chapelle. L’intervention dans la chapelle indique que deux tiers du bâtiment de la partie occidentale doivent dater eux aussi du XVe siècle. La datation du mobilier trouvé dans cette zone doit confirmer cette hypothèse. Le logis n’existe plus et ses vestiges n’ont pas encore fait objet d’un sondage.

Dans la dernière semaine de fouille, des vestiges trouvés dans la chapelle ont apporté des éléments nouveaux qui complexifient la compréhension du site et de son histoire. Il est fort probable en effet que la chapelle du XIe siècle ait été construite sur un bâtiment préexistant. De nouvelles perspectives de recherche s’ouvrent ainsi pour la prochaine saison de recherche.

Fouille de la nef de la chapelle du château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

Fouille de la nef de la chapelle du château de Montbazon. Cliché Maer Taveira.

Grâce aux fouilles de ce secteur du château, l’occupation du site pendant le haut Moyen Âge commence ainsi à sortir de l’oubli. Devant les vestiges qui attestent de l’existence d’une chapelle antérieure aux vestiges de celle déjà datée du XIe siècle, on ne peut pas s’empêcher de se demander, comment ce premier bâtiment religieux s’articulait au site.

Outre la poursuite de la fouille de la chapelle Saint Georges au cours de la prochaine saison de fouille archéologique dans le château de Montbazon, la réalisation de relevés architecturaux plus précis sont prévus.

Pour citer cet article

Maer Taveira, "Recherches archéologiques au château de Montbazon", RIHVAGE, mis en ligne le 20 novembre 2013, consulté le 18 novembre 2017. URL : https://rihvage.univ-tours.fr/recherches-archeologiques-au-chateau-de-montabzon-sous-la-direction-de-marie-denise-dalayeun/.